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vendredi 27 septembre 2019

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs"

L'un de ces hommes de l'ombre est-il à l'origine de la fameuse formule

 "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" ?

 Pas tout à fait.
 L'idée vient en réalité de Jean-Paul Deléage,
  professeur d'histoire de l'écologie à l'université d'Orléans.
 Le fondateur de la revue Ecologie & Politique a été consulté par Jacques Chirac et ses conseillers pour relire leur ébauche du discours. 
 "Ils m'ont demandé ce que j'en pensais.
 Je trouvais le discours bon, je leur ai simplement proposé une ou deux formules, 
dont celle de 'la maison qui brûle".

Contrairement à ce qui a pu être dit à l'époque,
 Jean-Paul Deléage ne s'est pas inspiré de la chanson 
 Beds are Burning 
 dans laquelle les Australiens de Midnight Oil entonnent : "Comment dormons-nous alors que nos lits brûlent ?"

 "Je ne connaissais pas ce groupe !" sourit l'universitaire.
 Ce dernier assure que l'idée lui est venue spontanément, à la relecture du texte. 

 CHIRAC 2002  Sommet de la terre Johannesburg

jeudi 3 janvier 2019

SERENDIPITY




Le terme « serendipity » est inventé par Horace Walpole (1717–1797) dans une lettre du 1754 à son ami Horace Mann, diplomate du roi George II à Florence, évoquant une énigme en matière d’armoiries vénitiennes qu'il venait de résoudre en feuilletant un vieux livre sur les armoiries dans lequel il avait découvert un emblème des Médicis inséré dans le blason de la famille vénitienne des Capello, indice de la reconnaissance d’une alliance entre les deux familles et remerciant Mann de l'avoir aidé accidentellement pour lui avoir, peu de temps auparavant, fait un cadeau du portrait de la courtisane Bianca Cappello qui avait épousé François Ier de Médicis. Walpole désigne ainsi des « découvertes inattendues, faites par accidents et sagacité », et par « sagacité accidentelle ». Walpole, par association d'idées, s'était inspiré du titre d'un conte d'origine persane qu'il avait lu enfant dans la version de Louis de Mailly, Voyages et aventures des trois princes de Serendip, ( Sri Lanka ) dans lequel les héros, tels des chasseurs, utilisent des indices pour décrire un animal qu'ils n'avaient pas vu. Extrait :
« … Cette découverte est presque de l'espèce que j'appelle serendipity, un mot très expressif que je vais m'efforcer, faute d'avoir mieux à vous narrer, de vous expliquer : vous le comprendrez mieux par l'origine que par la définition. J'ai lu autrefois un conte de fées saugrenu, intitulé Les Trois Princes de Serendip : tandis que leurs altesses voyageaient, elles faisaient toute sorte de découvertes, par accident et sagacité, de choses qu'elles ne cherchaient pas du tout : par exemple, l'un des princes découvre qu'un chameau borgne de l'œil droit vient de parcourir cette route, parce que l'herbe n'a été broutée que sur le côté gauche, où elle est moins belle qu'à droite — maintenant saisissez-vous le sens de serendipity ? L'un des exemples les plus remarquables de cette sagacité accidentelle ... »